Dans le monde, la crise de l’eau s’accroît d’année en année. La récente sécheresse accélère la prise de conscience que ce bien commun risque de manquer.
Les consommateurs vont ”trinquer” : restrictions, qualité dégradée, coût en forte augmentation, alors que des entreprises s’efforcent de tirer profit de la pénurie qui s’annonce : Les assoiffeurs. Tel est le titre du livre paru aux Éditions ”Les Liens qui libèrent”, résultat de deux ans d’enquête des journalistes indépendants Fabien Benoit en Nicolas Celnik.
Ils ont rencontré aussi bien ceux qui font de l’eau une marchandise que des collectifs qui tentent de s’y opposer. Ils ont particulièrement abordé trois catégories de profiteurs :
- Les intouchables : ceux qui en agriculture, tels les producteurs de maïs, pratiquent une irrigation de plus en plus importante, installent des énormes bassines dont ils se réservent l’usage, prônent une ”agriculture connectée”.
- Les marchands : en 10 ans le marché des eaux en bouteille a augmenté de 73 % dans le monde pour atteindre 1 million de bouteilles par minute. Quelques entreprises dominent, telles Danone et Nestlé : Fabien et Nicolas nous emmènent à Volvic en Auvergne et Vittel dans les Vosges.
- Les outsiders : Les grands acteurs du numérique masquent leur énorme consommation d’eau,
gouffre hydrique si l’on tient compte de l’extraction des matières premières (métaux, terres rares), de la fabrication des composants électroniques, du refroidissement des data centers...
Leurs ”solutions” font appel à des techniques onéreuses et consommatrices d’énergie (dessalement eau de mer, retraitement eaux usées, filtration impuretés).
Les alternatives proposées par l’agriculture paysanne et les hydrologues rappellent la nécessité de régénérer les sols et les cycles de l’eau dans les écosystèmes. Elles remettent en cause les choix politiques et économiques actuels.
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