Iran : Une nouvelle fois une étincelle a mis le feu aux poudres de presque cinq décennies de revendications insatisfaites. Une nouvelle fois le régime de la République islamique d’Iran a décidé d’éteindre le feu par le sang de milliers et de milliers de protestataires, femmes, hommes, jeunes, vieux et enfants. Ainsi commence l’article de Nader Teyf dans Le Monde libertaire de mars.
Invité dans notre studio, il rappellera l’histoire des révoltes dans son pays, dont le slogan de base depuis 2018 est le renversement du régime dans sa totalité.
Il y a trois ans et demi, de nombreux manifestants sont descendus pendant quatre mois dans les rues des villes des 31 provinces après l’assassinat de la jeune kurde Jina par la police des mœurs : Femme-Vie-Liberté est devenu un slogan international.
La ”chirurgie économique” appliquée à la fin de l’année dernière a déclenché les réactions des commerçants du bazar, rejoints dans les rues par de très nombreux protestataires la première semaine de janvier : « À bas la République islamique », « Mort au dictateur ».
Espérant profiter de la situation, Trump, Netanyahou promettent de l’aide, et le prétendant au trône Reza Pahlavi appelle - depuis les États-Unis - les Iraniens à manifester encore plus massivement les 8 et 9 janvier : en quelques jours les rues se vident de protestataires et se remplissent de cadavres.
Le 28 février, l’« aide » israélo-américaine tombe du ciel... sous la forme de bombes meurtrières.
Nader a pu entrer en contact avec une anarchiste de Téhéran, qui évoque la répression et la situation sociale et politique. Concernant un éventuel futur sursaut contre la République islamique et contre l’opposition fasciste monarchiste, et tenant compte de l’issue récurrente de manifestations de rue réprimées dans le sang, elle rappelle la nécessité d’aider préalablement à l’auto‑organisation à la base par « la création d’institutions horizontales dans les domaines du travail, de l’éducation, de l’entraide sociale et de l’organisation de quartier ».
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02 mars 2026 Tranches de vie
Vincent Maillard, ancien grand reporter et caméraman, a travaillé une dizaine d’années pour France Télévision. Il en a perçu les limites : ”La télévision c’est très superficiel. J’étais en désaccord avec les lignes éditoriales, je regrettais le manque d’audace et d’initiative dans la rédaction”.
Pour s’exprimer avec plus de liberté, il s’est tourné vers la réalisation de documentaires en France et à l’étranger sur divers thèmes : sciences, politique, environnement, société.
On peut citer par exemple :
Le Thon, la brute et le truand, disparition de la pêche traditionnelle au thon rouge en Sicile, au profit f’une pêche industrielle.
Les pionniers de Trémargat, village breton pratiquant agriculture paysanne, circuits courts, entraide collective, café et épicerie associative.
La révolte des Gilets jaunes, ”cette classe qui ne faisait pas parler d’elle” jusqu’à ce que ”les politiques tirent trop sur la corde de la compression et de la rigueur”, lui a sans doute donné envie d’écrire un roman social sur les oubliés de la France péri-urbaine :
Le polar musical Springsteen-sur-Seine décrit ceux dont les rêves de jeunesse se sont fracassés sur une réalité économique libérale mais qui résistent à l’écrasement et au mépris.
Par la suite, il profite du confinement pour publier Methanic, dystopie sur le réchauffement climatique, et L’os de Lebowski, roman noir et satire sociale.
Les titres des deux derniers, Le smorking des orques et La spirale du milan royal montrent l’intérêt de Vincent Maillard pour les animaux (Lebowski est un chien) :
”Le défi pour l’humanité est de parvenir à s’extirper de deux cents ans d’ère industrielle et financière hystérique pour commencer à réparer les liens avec le monde qui est le nôtre, le monde biologique, le monde du vivant ; les ambassadeurs les plus proches de ce monde sont les animaux”.
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23 février 2026 Anarchie et anarchistes
Il y a quatre ans a été déclenchée l’invasion russe de l’Ukraine, baptisée par Poutine ”opération militaire spéciale”. Depuis cette date, malgré des moyens économiques et militaires déséquilibrés, le peuple ukrainien résiste et est engagé dans une longue lutte face à l’impérialisme russe.
Face à cette agression, qui menace leurs vies et leurs libertés, des militants se sont volontairement engagés dans une résistance active, armée pour certains. Jeunes ukrainiens pour la plupart, des biélorusses, géorgiens, russes, tchétchènes... les ont rejoints.
Anarchistes, syndicalistes, féministes, ils ont participé à la création de nombreux collectifs auto-organisés pour soutenir la résistance afin de faire vivre une Ukraine anti-autoritaire.
Leur espoir est d’aider le peuple ukrainien à s’émanciper de toutes les oppressions, extérieure contre la dictature poutinienne, intérieure contre l’ultra-libéralisme.
La figure de Nestor Makhno est très présente parmi eux, car elle symbolise, il y a un peu plus d’un siècle, la lutte contre deux impérialismes, celui des armées blanches tsaristes et de ses alliés occidentaux, celui des armées rouges de la dictature bolchevique contre prolétaires et paysans cherchant leur chemin vers la liberté.
Afin de leur donner directement la parole en Ukraine un documentaire a été réalisé, avec notamment le soutien de la Fédération anarchiste : Le chemin de la liberté est dès maintenant diffusé afin de comprendre les engagements de Sehii, Akyssa, Salam, Olessia, Lesha, Katara et de beaucoup d’autres, dont certains ont depuis été tués dans cette guerre.
Nous recevons Christophe Cordier, un des réalisateurs et Emmanuel Brunner producteur (Thélème Films).
Bande annonce : https://vimeo.com/1085984886
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