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    Emissions des dernières semaines :

    23 mars 2026 Liberthèmes

    En 1860, en plein culte du progrès industriel, le livre du « Don Quichotte du XIXe siècle » John Ruskin Il n’y a de la richesse que la vie, en affirmant qu’une société ne doit pas avoir pour but la croissance illimitée des forces productives mais l’épanouissement de la vie, a scandalisé la bourgeoisie britannique.
    Notre invité, Philippe Godard, le cite en exergue de son ouvrage Une bande de riches, des milliards de pauvres, paru aux Éditions Calicot : « L’art de devenir riche, c’est l’art d’établir le maximum d’inégalités en notre propre faveur ».
    Plus de 150 ans plus tard, les faits lui donnent raison, les plus riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux : chaque dollar créé par le travail rapporte 80 fois moins aux plus pauvres qu’aux plus riches ; parmi eux, quelques dizaines d’« ultra-riches » possèdent des « méga-entreprises » et influencent les choix économiques des États, dont les fonctions régaliennes (armée, police, justice) sont chargées de protéger le système capitaliste.
    Ce livre démonte les promesses d’un monde meilleur, annoncé par les dogmes économiques afin d’obtenir la résignation des victimes du système : le bonheur serait pour demain car l’argent ruissellerait des riches vers les pauvres.
    En attendant, nous sommes invités à consommer ce que la publicité nous fait désirer, ainsi que le rappelait l’économiste John Galbraith : « L’individu sert le système industriel en consommant ses produits ».
    Pour Philippe Godard, « croire que l’argent et la possession d’objets apportent le bonheur signifie l’acceptation de ce modèle social, économique et politique », alors que nos valeurs doivent être basées sur la solidarité, la liberté d’aller et venir, la préservation de la planète et de tout ce qui y vit.

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    16 mars 2026 Luttes sociales

    ”Comme une pointe d’acier dans une meule de beurre” : ainsi est résumée la main-mise du Parti communiste sur le syndicalisme en France, phrase d’Albert Vassart important dirigeant du Parti communiste et de la CGTU et qui se décrit ainsi : ”un métallo de tempérament libertaire devenu un apparatchik, un révolutionnaire professionnel, mettant le parti au-dessus de tout”.
    Le triomphe des bolcheviques en Russie avait conduit à la création de l’Internationale communiste (IC) à Moscou en 2019 : ”Des noyaux communistes doivent être formés pour conquérir les syndicats au communisme. Ils doivent être subordonnés à l’ensemble du Parti”.
    Pour faciliter cet objectif, l’Internationale syndicale rouge (ISR) est créée à Moscou en Juillet 2021.
    En France, la conquête de la CGT à majorité réformiste se révélant alors impossible, la stratégie va constituer à trouver des alliés dans la minorité syndicaliste révolutionnaire, qui scissionne et crée la CGTU en 1921. Ainsi, le collectif ”Vie ouvrière” autour de Pierre Monatte s’allie aux bolcheviques pour leur donner la majorité à son premier congrès (Saint-Étienne, juin 1922) : ”Il fallait écraser les anarchistes et on les a écrasés”, Ivan Stepanov, délégué IC à ce congrès.
    Ainsi s’amorce un événement prédominant dans l’histoire sociale, qui va influencer négativement le mouvement ouvrier pendant des dizaines d’années, pas seulement en France.

    Nous recevons Sylvain Boulouque, historien qui a écrit plusieurs ouvrages sur le mouvement anarchiste, pour nous parler de son récent livre Communisme et syndicalisme dans la France de l’entre-deux guerres, résultat d’une longue enquête, notamment en consultant les archives de Moscou. Il révèle les stratégies du Komintern pour faire du syndicalisme français la courroie de transmission du système communiste international.
    Cette première émission s’arrête à l’année 1927.

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    09 mars 2026 Luttes sociales

    Iran : Une nouvelle fois une étincelle a mis le feu aux poudres de presque cinq décennies de revendications insatisfaites. Une nouvelle fois le régime de la République islamique d’Iran a décidé d’éteindre le feu par le sang de milliers et de milliers de protestataires, femmes, hommes, jeunes, vieux et enfants. Ainsi commence l’article de Nader Teyf dans Le Monde libertaire de mars.
    Invité dans notre studio, il rappellera l’histoire des révoltes dans son pays, dont le slogan de base depuis 2018 est le renversement du régime dans sa totalité.
    Il y a trois ans et demi, de nombreux manifestants sont descendus pendant quatre mois dans les rues des villes des 31 provinces après l’assassinat de la jeune kurde Jina par la police des mœurs : Femme-Vie-Liberté est devenu un slogan international.
    La ”chirurgie économique” appliquée à la fin de l’année dernière a déclenché les réactions des commerçants du bazar, rejoints dans les rues par de très nombreux protestataires la première semaine de janvier : « À bas la République islamique », « Mort au dictateur ».
    Espérant profiter de la situation, Trump, Netanyahou promettent de l’aide, et le prétendant au trône Reza Pahlavi appelle - depuis les États-Unis - les Iraniens à manifester encore plus massivement les 8 et 9 janvier : en quelques jours les rues se vident de protestataires et se remplissent de cadavres.
    Le 28 février, l’« aide » israélo-américaine tombe du ciel... sous la forme de bombes meurtrières.

    Une anarchiste de Téhéran évoque la répression et la situation sociale et politique. Concernant un éventuel futur sursaut contre la République islamique et contre l’opposition fasciste monarchiste, et tenant compte de l’issue récurrente de manifestations de rue réprimées dans le sang, elle rappelle la nécessité d’aider préalablement à l’auto‑organisation à la base par « la création d’institutions horizontales dans les domaines du travail, de l’éducation, de l’entraide sociale et de l’organisation de quartier ».

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